Oum Kalthoum “L’astre de lorirent”
Posted by Allal SAHBI on juillet 3rd, 2010
“L’immortelle”, “la Quatrième Pyramide” ou tout simplement “la Dame” : autant de surnoms témoignant de l’ampleur de la légende entourant la chanteuse d’une civilisation entière. Et comme toute légende, elle conserve sa part de mystère, tant sur sa sexualité, ses opinions politiques que sa personnalité.
On l’appelait l’Étoile de l’Orient. Sans doute parce qu’inaccessible au commun des mortels, elle brillait pourtant dans le ciel de chacun. Elle était aussi La Dame, marque déposée de la féminité, d’une essence dont s’enivraient rois et charbonniers avec un respect quasi mystique. En y accolant un pronom possessif, elle devient Notre Dame, et déjà cathédrale. Ce qui mène naturellement au dernier de ses surnoms, le plus imposant de tous : La 4ème Pyramide. Quoi de plus éternel ?

Oumkalthoum. Théâtre Mohammed V. Rabat 1968
C’est par les sentiers de la religion qu’Oum Kalthoum accède à la musique dès l’âge de 6 ans, lorsque son père, imam d’une petite mosquée du delta du Nil, l’initie aux chants coraniques. Il lui découvre une voix puissante et l’envoie, déguisée en petit Bédouin (respect des bienséances oblige), psalmodier pour les fêtes religieuses, les mariages, les circoncisions… Une dizaine d’années et quelques voyages au Caire plus tard, les talents de la jeune paysanne sont remarqués par le chanteur Abou-el-Ala Mohamed et le joueur de oud Zakareya Ahmed, qui convainquent le père de lui faire franchir le pas de la capitale pour compléter sa formation musicale. La fille du peuple entre au Caire au début des années 1920, signant bientôt avec Odéon et Gramophone, les deux grandes maisons du moment. En 1924, son premier disque connaît un succès immédiat (15.000 exemplaires vendus en trois mois) et, bravant l’autorité paternelle, Oum Kalsoum se défait de ses déguisements d’homme pour se produire sur scène. Cheveux dénudés, robes finement brodées, foulard de soie au poignet, la jeune prodige se produit devant un public masculin, et s’éloigne peu à peu du registre coranique pour mettre sa voix au profit de mélopées passionnelles. A la voix claire et forte vient s’ajouter l’image de la femme émancipée.
Au service de l’Égypte et du panarabisme
À son arrivée au Caire, prise en main par un cercle d’intellectuels, elle a illustré l’idée selon laquelle une modernité islamique était possible: être une chanteuse tout en étant respectable. Elle incarna l’émergence du féminisme arabe. Appartenant à une génération d’interprètes qui chantaient assis sur scène, elle a été la première à se lever, son chant gagnant en puissance, tout autant que la portée symbolique du mouvement, elle incarnait une femme debout.

Autant d’années de scène l’ont fait côtoyer les régimes qui se sont succédé en Égypte. Dès la création de l’État d’Israël en 1948, Oum Kalsoum a mis sa voix au service de la cause arabe, mais c’est surtout après la révolution de 1952 qu’elle est devenue une artiste engagée. Encline au nationalisme, Nasser a trouvé en elle la voix pour réveiller les sentiments profonds des Égyptiens et des Arabes, en même temps qu’elle renvoyait au peuple une image forte de sa propre identité, ceci à un moment où l’identité arabo-musulmane se reconstruit face au monde occidental.
Parmi ses chansons les plus engagées, on retiendra Gamal, comme exemple fort de patriotisme. Elle chante le canal de Suez, lors de la guerre des Six Jours elle encourage l’armée avec «Nous sommes tous des feddayins». Enfin, Al Atlal dont les accents allégoriques «Donne-moi ma liberté /Délie mes mains» ont pris un écho prophétique après la défaite de 1967.
La fondation des Dames du rassemblement et l’organisation d’une vaste tournée à travers le Machreq et le Maghreb prennent les formes d’un véritable pèlerinage de l’unité arabe, où Oum Kalsoum reçoit les honneurs des plus hauts dignitaires. Prend alors forme l’adage selon lequel «Les Arabes se sont mis d’accord sur deux choses: Oum Kalsoum et leur divergences».
L’héritage culturel
Légendaire dès son vivant, Oum Kalsoum fait partie de ces personnages qui laissent des empreintes culturelles profondes.
Son décès en 1975 a été vécu comme un deuil collectif, donnant lieu à l’un des plus grands rassemblements d’Égypte. Plus de trente ans après sa disparition, elle continue de faire l’objet d’un véritable culte. Le styliste libanais, Khaled El-Masry attaché à l’identité orientale, lors de la semaine de la Haute Couture à Paris en 2004, a signé une collection Oum Kalsoum.
En 2001, le gouvernement égyptien a inauguré le musée Kwakab al-Sharq à sa mémoire, et sans aucune justification commémorative — elle est née il y a 104 ans et morte depuis 33 ans — l’Institut du Monde arabe lui a consacré cette exposition en 2008 à Paris.
Enfin, un feuilleton sur sa vie est en train d’exploser tous les audimats de télé du monde arabe, tandis qu’Al-Aghani, station de la bande FM au Caire, diffuse chaque soir une walsa, chanson unique d’une heure en moyenne.
Appartenant désormais au patrimoine de la musique orientale, elle continue d’exercer une influence certaine sur la scène actuelle. Ses chansons sont aujourd’hui reprises par beaucoup de jeunes interprètes — Rachid Taha, Natacha Atlas, Sapho — avec des rythmes plus contemporains, construisant une musique dont la portée s’étend au-delà des limites du monde arabe.

.ام كلثوم مقطع نادر لاغنيه انساك Ansak:une version très rare . Oumklatoum donne libre cours à son talent.”SUBLIME” suit une version classique
Al atlal
Ne cherche pas, mon âme, a savoir qu’est devenu l’amour
C’était une citadelle imaginaire qui s’est effondrée
Abreuve-moi et trinquons a ses ruines
Conte en mon nom l’histoire
Maintenant que mes larmes ont coule
Raconte comment cet amour s’est transforme en passe et pourquoi il m’est devenu un sujet de douleur
Je ne parviens pas a t’oublier
Toi qui m’avais séduite par tes discours si doux et raffines
Tendant ta main vers moi
Comme celle que l’on tend
Par dessus l’onde, a celui qui se noie
Et comme la lumière que recherche un errant
Mais ou est donc passe cet éclat dans tes yeux
Mon amour, j’avais eu un jour la joie de visiter ton nid
Me voici aujourd’hui oiseau solitaire, roucoulant ma douleur
Tu es devenu suffisant comme un être capricieux et gate
Tu pratiques l’injustice comme un puissant tyrannique
Mon desir de toi me brule l’âme et le temps de ton absence n’est que braises cuisantes
Donne-moi ma liberté et brise mes chaines
Je t’ai tout donne; il ne me reste plus rien
Ah! tu m’avais saigne les poignets par tes chaines
pourquoi les garderai-je alors qu’elles n’ont plus d’effet sur moi
Pourquoi croire a des promesses que tu n’as pas tenues
Je n’accepte plus ta prison
Maintenant que le Monde est a moi
Il est loin mon bien-aime séduisant, tout de fierté, de majesté, et de pudeur
Si sur de lui, comme un roi de beauté et avide de gloire
Exhalant le charme, comme la brise des vallées, agréable a vivre comme les songes de la nuit
J’ai perdu a jamais ta douce compagnie dont le charme rayonnait de splendeur pour moi
Je n’étais qu’un amour a la dérive, un papillon perdu qui s’était approche de toi
Entre nous, la passion était notre messager et l’ami qui avait fait déborder notre coupe
Y a-t-il jamais eu plus enivres d’amour que nous?
Nous nous étions entoures de tant d’espoir
Nous avions emprunte un chemin éclaire précédés que nous étions par la joie
Nous avons ri comme seuls deux enfants savent le faire et nous avons couru encore plus vite que notre ombre
C’est quand l’ivresse nous quitta que la lucidité revint et que nous nous sommes réveillés
Mai le réveil fut sans illusion
Finis les rêves d’un monde imagine, voici venir la nuit, ma seule compagne
Et puis voici la lumière qui annonce le jour et l’aube dont le ciel s’embrase
Voila la vie réelle, telle que nous la connaissons, avec ces amants qui reprennent chacun son chemin
Toi qui veilles en oubliant les promesses, et te réveilles en t’en souvenant
Sache que lorsqu’une blessure se referme, le souvenir en fait saigner une autre
Il faut apprendre a oublier
Il faut apprendre a effacer les souvenirs
Mon bien-aime, tout est fatalité
Ce n’est pas nous qui faisons notre malheur
Un jour peut-être nos destins se croiseront, lorsque notre desir de nous rencontrer sera assez fort
S’il arrive alors qu’un de nous renie son amant et que notre rencontre soit celle de deux étrangers
Et si chacun de nous poursuit un chemin différent, ne crois pas qu’il s’agira alors de notre choix mais plutôt de celui du destin
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