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Boris Boillon “DEGAGE”

Posted by Allal SAHBI on février 21st, 2011

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Après Ben Ali, il soulève à Tunis des milliers de manifestants qui réclament son rappel à Paris !

 J’ai écouté l’intervention en arabe, l’échange avec les journalistes. La façon dont il fait cesser le dialogue : “khalass !“ (un peu l’équivalent de “basta” en espagnol), est extrêmement méprisante, autoritaire et cassante.(voir l’extrait diffusé sue You Tube)

Déjà, il ne fallait pas envoyer comme diplomate en Tunisie un type qui a aussi chaudement apprécié l’intervention US en Irak. Regardez plus bas d’ailleurs, pas un mot sur les victimes humaines. Pas un mot  de compassion, pas de place pour l’humain. Il ne sait parler qu’en millions et milliards de dollars, en parts de marché, c’est vraiment honteux, indécent !!!  Pascal Boniface l’a très heureusement épinglé au sujet de ses prises de positions en Irak.

http://www.youtube.com/v/5FyWiwZp2CA

Boris-Boillon-sarkobow.jpg

Ensuite, il est superflu d’être arabophone quand on fait montre d’autant de mépris. Il vaut mieux quelqu’un qui ne parle pas un mot d’arabe, mais qui ne méprise pas à ce point ses interlocuteurs, et tout le peuple.

Il est dans la droite ligne du trop fameux “discours de Dakar” : tout dans l’arrogance, la condescendance et le mépris.
Il se qualifie de pur  produit “Sarko”, ce en quoi il a parfaitement raison. Ce côté bling-bling, c’est aussi cela : être diplomate mais s’exposer en “bogoss”, façon “nude”, sur les réseaux sociaux, n’est-ce pas normal, quand le “contrat” pseudo-matrimonial du “chef” (aillon) de l’état peut être visionné de partout… fesses et nichons à l’air, et quand la musculation périnéale remplace avantageusement la culture générale ?

Atterrissage fracassant dans ses nouvelles fonctions.

“«Stop! C’est fini». «Débile», «lamentable», «nul», «petite phrase». C’est en substance avec ces mots que le nouvel ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, s’est adressé aux journalistes tunisiens.”

Des extraits de cet, échange avaient été diffusés à la télévision tunisienne et repris sur Facebook.

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une page a d’ailleurs été ouverte sur le réseau social et baptisée “Boris Boillon, dégage !”

Dans la journée de samedi, près de 500 manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade de France, avenue Bourguiba à Tunis, pour réclamer le départ du nouvel ambassadeur de France. Les Tunisiens mobilisés devant le bâtiment ont dénoncé ce qu’ils qualifient de “manque de diplomatie” du représentant.

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Les banderoles des manifestants étaient très virulentes. “M. Boillon, vous occupez un poste diplomatique et vous n’avez rien d’un diplomate”, “dégagez, petit Sarko !”, “Boris dégage !”, “C’est vous qui faites honte à la France”, pouvait-on effectivement y lire.

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le nouvel «Homo diplomaticus »

Ambassadeur twitter, un peu cowboy, un peu sarkoboy

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Après 18 mois passés en Irak, où il estime avoir rempli sa mission, Boris Boillon a été nommé ambassadeur de France en Tunisie. Ce sarkoboy 2.0, souvent présenté comme un James Bond de la diplomatie aura fort à faire pour redorer l’image de la France, déminer le terrain politique et retisser des liens avec la société civile. Sans compter la réorganisation d’un outil diplomatique qui a montré beaucoup de faiblesses au moment de la révolte tunisienne.
Il incarne le prototype de l’homo diplomaticus moderne sous l’ère Sarkozy. Boris Boillon est jeune, « bogoss », et connecté. Un sarkoboy exemplaire. Loin  de l’image surannée du diplomate « Ferrero », Boris Boillon la joue plus James Bond 2.0, posant torse nu sur sa page Copainsdavant.com histoire d’exhiber une musculature solide et se rappeler aux bons souvenirs de ses ancien(ne)s camarades de classe. A peine nommé au poste d’ambassadeur en Tunisie, après un passage en Irak où il s’est forgé une belle notoriété dans son intimité ultra-sécurisée, constamment protégé par une escorte du GIGN, Boris Boillon s’est ouvert un compte twitter.
Boris Boillon2.jpg« Très impatient de bientôt me retrouver en Tunisie, au côté du peuple tunisien! », s’est-il exclamé en arabe et en français: « je crois que je suis le premier ambassadeur twitter !» .
Pourtant l’accueil sur Twitter n’a pas été unanimement chaleureux. Des messages de bienvenue mais aussi des sorties plus féroces :

« Le gouv francais nous envoie la caricature du sarkozisme. Ce n’est pas parce que tu parles arabe que tu nous comprends. Cc @borisboillon
#Tunisie : pour @borisboillon la guerre en Irak a été une très bonne chose pour la #France car a rapporté beaucoup de contrats. Sachez le ».

Caractéristique de la brutalité des échanges sur les réseaux sociaux. Sans doute. Symptomatique, aussi, de l’image dégradée de la France dans certains pays. Boris Boillon ne s’en formalise pas plus que ça : « j’ai ouvert mon compte twitter il y a quelques jours avec ses heurs et ses malheurs mais je vais l’utiliser régulièrement car arriver dans la Tunisie où a eu lieu la première e-révolution de l’histoire sans se servir de ces outils n’aurait pas de sens ».

Un « néocon » à la française ?

Ancien ambassadeur de France auprès des Emirats Arabes Unis, également en poste en Somalie, et en Tunisie, auteur du livre Les Voies de la diplomatie, Charles Crettien a ainsi exprimé ses réticences dans une tribune au Monde  : « On ne nomme pas un ambassadeur comme on nomme un préfet. La diplomatie est un dialogue avec un pays étranger, son gouvernement et son chef d’Etat. La nomination de Boris Boillon comme ambassadeur de France est la négation de ce principe élémentaire, elle est donc choquante voire dangereuse pour les relations à venir entre Paris et Tunis » tempête le diplomate.

Boris-Boillon.jpgDerrière ses faux airs de gendre idéal de la diplomatie sarkozyste, Boris Boillon traîne quelques casseroles. Pas gênantes lorsqu’on est sarkozyste, un peu plus lourdes quand on est diplomate.
Boris Boillon n’a, par exemple, jamais caché qu’il défendait l’intervention américaine en Irak, légitimant en tant qu’ambassadeur la stratégie de George W Bush : « L’Irak est le vrai laboratoire de la démocratie dans le monde arabe, c’est là que se joue l’avenir de la démocratie dans la région. Potentiellement, l’Irak peut devenir un modèle politique pour ses voisins et qu’on le veuille ou non, tout cela a été obtenu grâce à l’intervention américaine de 2003 » expliquait-il au Figaro.

Ce qui lui vaudra sa casquette de « néoconservateur » et ce commentaire cinglant du chercheur en relations internationales Pascal Boniface  : « L’ambassadeur estime donc que le bilan de la guerre en Irak est globalement positif ».

Il gère la visite de Kadhafi à Paris

Boris Boillon, ambassadeur twitter, un peu cowboy, un peu sarkoboy
Au quai d’Orsay, nul ne remet en cause ses aptitudes professionnelles mais on le décrit parfois comme « cassant », un peu « cow boy », pas tout à fait au top en tant que manager d’équipe…

« Boris Boillon, c’est un petit jeune sympathique et malin, ni un génie, ni le chien galeux qu’on décrit parfois; un bon diplomate comme le quai en produit tous les ans, et comme il y en a à tous les étages au quai » confie un connaisseur des arcanes du Ministère des affaires étrangères, « sa grande chance a été, après son détachement à Bruxelles, d’aller au ministère de l’Intérieur pour être la « petite main » de David Martinon, le conseiller diplomatique de Sarkozy. Mais en 2002, adjoint au conseiller diplomatique de Sarkozy, ce n’est pas grand chose ».
Sarkozy élu en 2007, Boris Boillon suit Martinon et passe à la cellule diplomatique de l’Elysée pour s’occuper du monde arabe. A son arrivée, il travaille très étroitement avec Claude Guéant  sur le dossier des infirmières bulgares détenus en Lybie. Quelques mois après leur libération, Kadhafi est reçu à Paris. Un tournant dans la carrière de Boillon : «  Cela a été une semaine de tortures pour le protocole, la marée chaussée parisienne et les parisiens parce qu’on est passés par tous les caprices de l’autre abruti sous sa tente… » rigole encore un ancien de la maison, « Kadhafi changeait le programme tous les matins. Le cortège traversait Paris dans tous les sens. Tout le monde s’est foutu de la gueule des Français qui couraient derrière Kadhafi mais c’est Boris Boillon qui a géré ça auprès de Guéant et donc de Sarkozy. Et même si ça n’a pas été une réussite totale, Boris ne touchait plus terre à ce moment là. Il dirigeait les trucs en direct, court-circuitant les directeurs Afrique du Nord – Moyen Orient du quai d’Orsay. Il négociait avec Guéant et les représentants de Kadhafi. Pour un jeune diplomate qui a moins de dix ans d’expérience dans la maison, c’est l’euromillion ! ».
Remarqué par Sarkozy, le président lui confiera l’ambassade d’Irak en 2009. En bon VRP de la France en Irak, il est nommé pour décrocher des contrats : « la reconstruction en Irak est le marché du siècle : 600 milliards de dollars ! La France doit être aux avant-postes » annonçait-il  au magazine Challenges.
Telle une étoile filante, néanmoins médiatique, Boillon n’est resté que 18 mois dans le pays. Ce qui a eu le don d’en agacer plus d’un au quai d’Orsay où les carrières se construisent dans la durée. Impossible « normalement » d’avoir l’Irak à quelques jours de son 40ème anniversaire et encore moins la Tunisie à 41 ans bien sonnés. A moins d’être le fils préféré de Sarkozy.
Plus qu’un représentant de la France, c’est un représentant de Sarkozy. Et même s’il n’est pas que cela, il est vu comme ça, ce qui pose un problème » confie un haut fonctionnaire.

The right man at the right place ? Lui n’en doute pas une seconde. Il voudrait en faire un slogan. Les Tunisiens eux, sont d’un avis contraire.

Tribune bubliée au Monde par l’ambassadeur de France Charle Chreetien.

On ne nomme pas un ambassadeur comme on nomme un préfet. La diplomatie est un dialogue avec un pays étranger, son gouvernement et son chef d’Etat. La nomination de Boris Boillon comme ambassadeur de France en Tunisie par le conseil des ministres du 26 janvier est la négation de ce principe élémentaire, elle est donc choquante voire dangereuse pour les relations à venir entre Paris et Tunis.

Quand le gouvernement français envisage de nommer un nouvel ambassadeur dans un pays donné la première démarche est celle de la demande d’agrément. En clair, l’ambassadeur partant, ou le chargé d’affaires s’il n’y a pas d’ambassadeur en place, propose au ministre des affaires étrangères du pays auprès duquel il est accrédité le nom et le CV du diplomate proposé par Paris pour lui succéder. On attend l’accord des plus hautes autorités du pays étranger avant de proposer au conseil des ministres la nomination du nouvel ambassadeur. J’ai connu des cas où le pays étranger émettait des réserves sur le candidat désigné, on avait alors proposé un autre diplomate en mesure de mener un dialogue utile. Précisons qu’un dialogue ne veut pas dire l’approbation sans nuance de la politique menée dans le pays étranger.

Revenons à Boris Boillon. Il n’y avait pas encore de gouvernement à Tunis, le 26 janvier, puisque le remaniement réclamé par les Tunisiens n’était pas encore intervenu. A qui a-t-on demandé l’agrément pour Boris Boillon ? De plus, personne n’est en mesure de dire qui sera le chef de l’Etat tunisien demain, intérimaire dans un premier temps, définitif après les élections tunisiennes. Et si ce nouveau chef de l’Etat tunisien n’apprécie pas d’avoir comme interlocuteur français un diplomate dont on sait qu’il a défendu l’intervention américaine en Irak ! Passons sur son âge puisque sous M. Sarkozy l’expérience peut être acquise très tôt, surtout quand on a été un collaborateur du dit Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur ! Et si le nouveau chef de l’Etat tunisien refusait, demain, de recevoir les lettres de créance de M. Boillon ?

La nomination précipitée à Tunis de ce diplomate venant de Bagdad où il n’était en poste que depuis 18 mois est encore une faute. Décidemment nous les accumulons avec ce pays et, surtout, nous mettons en danger les relations entre la France et cette Tunisie nouvelle que l’on devine déja au travers des soubresauts de la révolution du jasmin.

Charles Crettien a été ambassadeur de France auprès des Emirats arabes unis, en Somalie, en Colombie et au Guatemala. Il a publié des Les Voies de la diplomatie. Affaires étranges… (L’Harmattan, 2010).
Charles Crettien, ancien ambassadeur de France et ancien conseiller culturel et de coopération à Tunis de 1978 à 1981


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