» Souad Abderrahim l’atout féminin d’Ennahdha ALLAL-SAHBI » Blog Archive

ALLAL-SAHBI

Souad Abderrahim l’atout féminin d’Ennahdha

Posted by Allal SAHBI on novembre 14th, 2011

L’égérie du parti Ennahda, Souad Abderrahim, se révêle être une redoutable moralisatrice. Ses récents propos sur les mères célibataires tunisiennes et leur protection juridique a suscité un véritable tollé. Portrait d’une militante non voilée qui pourrait devenir présidente de la Assemblée constituant

souad_abderrahim-nahda.jpg

Une femme non voilée, qui veut désormais s’installer au perchoir de la nouvelle assemblée tunisienne.

Toujours tirée à quatre épingles,tailleur pantalon et brushing impeccable, cette pharmacienne de 47 ans a d’abord caché sa crinière fauve sous un voile, pendant ses années d’études à la faculté de médecine de Monastir. Au début des années 1980, elle commence à militer et à rencontrer des activistes comme Ajmi Lourimi, aujourd’hui membre du bureau politique d’Ennahdha. À l’époque, elle est déjà membre du bureau exécutif de l’Union générale des étudiants tunisiens (Uget).

Les tensions entre les étudiants gauchistes et islamistes sont alors à leur apogée. Son implication militante lui vaut 15 jours d’emprisonnement en 1985, alors qu’elle tentait simplement de calmer une violente querelle entre étudiants.

Image moderne

souad-abderrahim.jpgDésignée comme fauteuse de troubles, elle est dans le collimateur du ministère de l’Intérieur et est contrainte de quitter la faculté - elle ne reprendra que plus tard des études de pharmacie. Comme pour tous les militants islamistes, commencent vingt longues années hors de toute vie publique. Elle quitte son voile pour devenir président directeur général de Presta Pharm, grossiste en produits pharmaceutiques, se lance dans la vie associative et ne renoue avec l’activité politique qu’après la révolution du 14 janvier.

Présente dans toutes les rencontres publiques aux côtés des leaders d’Ennahdha comme Rached Ghannouchi, elle renvoie une image moderne aux antipodes du stéréotype de la femme islamiste soumise et fait taire les détracteurs du mouvement. Elle a fait sensation par des discours  défendant, entre autres, les acquis des femmes et le Code du statut personnel tout en affirmant que la priorité des femmes est leur rôle de mères de famille.

Les rumeurs sur sa candidature à la présidence de l’Assemblée constituante

Ces derniers jours, les rumeurs la donnent comme candidate du parti à la présidence de l’Assemblée constituante, ce qui constituerait une première absolue dans un pays arabe. Le parti islamiste entend diriger le futur gouvernement de la Tunisie. Prudente, elle esquive. « Les gens m’ont élue pour que je les représente dans l’Assemblée constituante. Le plus important, c’est que je fasse entendre leurs voix. Il y a des suggestions, des négociations en cours entre les partis, et je ne suis pas membre du bureau politique d’Ennahda, je ne participe pas à ces négociations », souligne-t-elle.

La crainte des femmes face à la victoire du parti islamiste

La victoire du parti islamiste Ennahda a suscité de vives réactions dans la société tunisienne,de liesse parfois, mais aussi de craintes de la part des femmes qui s’inquiète de perdre les acquis qu’elles ont gagnés par le passé.  « Oui, ce parti suscite des craintes » a conscience Mme Abderrahim. « Non, la polygamie ne sera pas instaurée, non, on ne va pas imposer le voile », ajoute-t-elle, avec plus de véhémence. Ces derniers jours, le parti islamiste a mulitiplié les tentatives pour rassurer sur son ouverture, notamment sur le droit des femmes. « Il y a une phobie d’Ennahda dans ce pays. Mais les Tunisiens vont juger sur la pratique, et ils comprendront qu’on ne veut rien imposer. La Tunisie pratique un islam modéré, et Ennahda est un parti politique civil et modéré, respectueux des libertés », poursuit-elle.

Sur la question du voile, elle est intarissable. « C’est une liberté individuelle. L’ancien régime avait fait disparaître les voilées du paysage. Moi, je me sens bien telle que je suis, mais peut être qu’un jour je me voilerai. En tout cas, ce n’est pas Ennahda qui me l’imposera », tente-t-elle de rassurer.

Mère de deux enfants, Souad Abderrahim a mené l’essentiel de la campagne sur le thème de la famille. Au dernier meeting de Ben Arous, Mme Abderrahim revendiquait pour son parti « le ministère de l’Education, pour bâtir les nouvelles générations de la Tunisie arabe et musulmane ».

« Mais oui! Nous sommes une société arabo-musulmane et nous en sommes fiers. Et dans le même temps, nous devons éduquer nos enfants dès le plus jeune âge au concept de démocratie. Je veux que les prochaines générations ne soient plus obligées de sacraliser les photos d’un président », conclut-elle, évoquant durement l’Histoire politique de la Tunisie avant la révolution de janvier dernier.
Mais depuis les élections du 23 octobre, elle a changé de ton. La nahdaouie s’érige désormais en gardienne des bonnes mœurs. Surnommée « Souad Paline » en référence à Sarah Palin, la gouverneure républicaine de l’Alaska, elle a soulevé une vague d’indignation après avoir souhaité la fermeture des bars afin de ne pas heurter les sensibilités. Surtout, elle a attisé la colère des femme comme des hommes par des propos réactionnaires sur les mères célibataires.

“Les mères célibataires sont une infamie”

Dans une interview à Radio Monte Carlo (voir ci-dessus), le 9 novembre, elle assène avec un sang-froid sidérant que « les mères célibataires sont une infamie. Elles ne devraient pas aspirer à un cadre légal qui protège leurs droits». Alors qu’en Tunisie, quatre naissances par jour ont lieu hors mariage, Souad Abderrahim nie la réalité des familles monoparentales.
Pour elle, dans une société musulmane, « la famille ne doit pas être formée en dehors des liens du mariage ». Mais en dévoilant, intentionnellement ou non, sa pensée alors que les progressistes s’interrogent sur les réelles intentions des islamistes, Souad Abderrahim a provoqué un tollé dont les répercussions sont considérables. (voir ci-dessous sa réaction)

Alors certaines voix s’élèvent :”Surtout pas de portefeuilles de l’éducation nationale de la culture ou de la famille à Ennahdha“.
“Autant il faut qu’il y ait mobilisation de tous pour faciliter la gouvernance d’Ennahdha pour ce qui concerne les infrastructures ou le fait économique, autant il faut que les forces progressistes surtout parmi les coalisés avec ce parti s’opposent fermement à ce que les portefeuilles de l’éducation et de la culture leur échoient” comme le rappellent beaucoup de citoyens dont le penseur Talbi.
” Le fait que certaines rumeurs prédestinent cette dame aux discours porteurs de menaces à occuper le Ministère de la femme et la famille reviendrait à attribuer le prix Nobel de la paix à Goebbels”; renchérie le journaliste Abderrazak Lejri. Et il ajoute: “On peut arguer à Mme Abderrahim qu’il y a de fortes chances que la majorité des filles mères soit davantage d’un milieu conservateur (les puristes interdisant l’avortement) que l’inverse et que pour ce qui est de la morale, une fille en niquab peut aussi bien faire le tapin (ceux qui ont voyagé au moyen orient peuvent l’attester) qu’une fille en minijupe et que pour finir, les Saoudiens tout conservateurs qu’ils sont, ne peuvent être pris comme modèles de vertu surtout quand ils sont en voyage.
Pour les jeunes des régions de l’intérieur -qui sont à mille lieues d’intégrer les tourments de Mme Abderrahim- le manquement de la morale tient davantage aux faits d’être spoliés de travail, de vivre dans des conditions indécentes et indignes et d’avoir été marginalisés par des prédateurs qui ont mis le pays en coupe réglée.


Devenez fan de ce Blog :
 
J'ai 77 articles, devenez Fan de mon Blog :


Créer un Blog | Nom Domaine | Créer Forum | publicité | Tags | Signaler Abus
culture | actualités | politique | bebe | finance | justice | ecologie | sport | sante
net | grossesse | jeux | droit | voyage | design | livre | internet | grippe | photos
iPhone | famille | nature | europe | emploi | enfant | web | Top | New | Nouveaux