Ligue 1 : le corps arbitral en question!
Posted by Allal SAHBI on décembre 19th, 2011
Interrogé par Foot+ après la défaite de son équipe à Brest (1-0), le président de l’AJ Auxerre Gérard Bourgoin affirme que son milieu de terrain Kamel Chafni a été victime d’insultes racistes de la part d’un arbitre. Sorti du terrain très énervé à la 55ème minute après que l’arbitre de la rencontre, Tony Chapron, l’ait expulsé pour protestations, le joueur marocain se serait vu intimer l’ordre de quitter le terrain par l’un des juges de touche en les termes suivant : “Dégage l’arabe !“
Plus que jamais, le corps arbitral a été impliqué dans bien des polémiques lors de cette dix-huitième journée du championnat de France de Ligue 1. Erreurs d’appréciation, cartons rouges inappropriés et propos déplacés… un week-end bien compliqué pour les hommes en noir.Mais le clou du spectacle se trouvait plus à l’Ouest, du côté de Brest. En effet, le match opposant le Stade Brestois à Auxerre restera malheureusement à jamais gravé à l’esprit de Kamel Chafni, lui qui se serait vu asséner un “ Casse-toi l’Arabe ” par l’arbitre-assistant. Des propos que certains de ses coéquipiers et certains brestois corroborent :« Il y a une faute qui n’est pas sifflée. Je vais vers l’arbitre de touche et je lui dis que ce n’est pas normal. Lui me répond “ Casse-toi l’Arabe ”. Je ne l’ai pas insulté, je crois simplement que je lui ai dit que ça n’allait pas en rester là. Je vais alors voir l’arbitre du centre (M. Chapron), je lui explique ce qui s’est passé, il me met un jaune. Je lui dis, lui répète, que c’est inadmissible, et il me met un rouge. C’est grave, ça dépasse le cadre du foot, c’est la première fois que ça m’arrive. L’arbitre assistant était peut-être énervé, mais ce qu’il a dit, ça ne se dit pas, c’est du racisme. Je suis en colère, je vais aller au commissariat d’Auxerre et je vais porter plainte. J’espère que la Ligue va mener son enquête et qu’elle sévira, je lui fais confiance. Si elle ne me croit pas, je n’ai plus rien à faire dans le football français. J’ai des témoins, et pas seulement des Auxerrois », a-t-il confié à L’Équipe.
Gérard Bourgoin, le président auxerrois, a lui évoqué un incident important qui pourrait être «très grave» s’il était vérifié. Il a également exigé des «excuses publiques». Du côté des témoins évoqués par Chafni, deux joueurs brestois auraient confirmé les propos. «Larsen Touré a tout entendu, tout comme le kiné de Brest. Roy Contout, mon coéquipier, a également entendu…», glisse le joueur auxerrois.
Contacté dimanche, Johann Perruaux est resté injoignable. L’arbitre assistant a laissé Tony Chapron s’exprimer en qualité de représentant du corps arbitral. Deux heures après la rencontre, il a immédiatement «réfuté toute accusation concernant ces propos». Selon lui, les mots évoqués ne ressemblent pas du tout à l’homme qu’il connaît depuis vingt ans, et avec lequel il était il y a deux ans au Bénin pour former des arbitres locaux. «S’il était raciste ça m’étonnerait qu’il soit venu avec moi», a argumenté maladroitement l’arbitre principal.
Marc Batta demandait «des preuves» avant de se prononcer officiellement sur la question. Le directeur national de l’arbitrage évoquait sur RMC des «accusations graves qu’il faut vérifier et confirmer», même si l’adjoint lui aurait assuré ne pas avoir tenu de tels propos. Il aurait juste lancé «Casse-toi» à Chafni, «un terme pas très approprié pour un arbitre», concède Batta, qui refuse pour l’heure d’évoquer les sanctions encourues par Johann Perruaux si les accusations racistes étaient vérifiés. Chafni a déjà annoncé qu’il n’avait «plus rien à faire dans le foot français» s’il n’est pas écouté.
«C’est grave, s’ils sont avérés, qu’il y ait de tels propos déclarés par une personne du corps arbitral», a déclaré dimanche Carine Bloch, vice-présidente de la Licra.
Mais outre cette affaire, les contestations de décisions arbitrales sont tombées comme à Gravelotte.
Gourcuff: «On est volé»
La plus cinglante est venue de Christian Gourcuff, entraîneur de Lorient, battu à Marseille (2-1), alors que deux joueurs bretons ont été exclus. «On est volé, il y a beaucoup d’amertume, de frustration et de colère, a pesté l’entraîneur des Merlus. L’exclusion de Koné vient changer les choses. L’arbitrage fait la différence. Il y a beaucoup d’amertume d’être volé, puis de voir deux cartons rouges. Romao n’a pas insulté l’arbitre.»
René Girard, entraîneur de Montpellier accroché à domicile par Toulouse (1-1), s’est plaint de son côté d’un traitement spécial du corps arbitral vis à vis de ses joueurs. «Quand c’est nous, on dit que c’est de l’agressivité et de la méchanceté. Quand c’est les autres, quand je vois qu’au bout d’une demi-heure de jeu, nous avons trois cartons jaunes, et eux pas un seul, je ne me pose pas de questions», a ainsi souligné l’entraîneur du club héraultais.
Bernard Casoni, entraîneur d’Evian battu à Lyon (2-1), a usé d’une vieille ficelle pour dire ce qu’il pensait de l’arbitrage de façon indirecte: « je ne parlerai pas de l’arbitre. Chacun verra les images (sur le penalty, que l’équipe de Haute-Savoie réclamait, non accordé pour une faute de main du joueur lyonnais )».
Et il n’y a pas que les entraîneurs perdants qui font des remarques sur l’arbitrage. Jean Fernandez, coach de Nancy victorieux à Caen (2-1), a ainsi commenté: «il y a une faute de main sur la réduction du score mais je pense qu’il n’y avait pas penalty».
triste publicité pour la Ligue 1
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