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Mehdi Qotbi: La consécration

Posted by Allal SAHBI on décembre 20th, 2011

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Le Roi Mohammed VI a nommé Mehdi Qotbi, Président de la Fondation Nationale des Musées. Cette nouvelle institution est destinée à promouvoir le rayonnement du patrimoine culturel national.

On n’a plus besoin de présenter Mehdi Qotbi. Qotbi l’artiste, Qotbi le lobbyiste, Qotbi le charmeur. Pourtant, cet homme trouve toujours un moyen pour s’imposer à l’actualité, envahir les écrans et intéresser les rédactions. Une qualité qu’il doit certes à son dynamisme et à son activisme acharné en faveur de son pays. Mais qui résulte surtout de son énorme culot, héritage d’une enfance difficile.
Cela ne plait pas à tout le monde. Cela lui crée l’animosité d’une partie de l’intelligentsia marocaine qui ne lui pardonne pas d’être  « arrivé » quand elle ne l’accuse pas d’être au service du pouvoir. Lui dit être au service de son pays et de son roi ! Et il n’y a aucune raison de ne pas le croire !
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Mehdi Qotbi est aujourd’hui l’homme important qui connaît tout le monde et que tout le monde connaît. Dans son carnet d’adresses très fourni, les têtes couronnées côtoient les stars du show-bizz et les grands de ce monde. Pourtant, on ne peut pas dire que l’homme soit bien né. De son enfance pauvre dans le quartier populaire de Takaddoum à Rabat, Mehdi ne garde pas que des bons souvenirs. Entre l’indifférence d’une mère distante et la brutalité d’un père taciturne, le gamin cultive très tôt un grand sens de la débrouillardise. “Je savais que je ne pouvais compter que sur mes propres moyens et sur mon culot pour survivre”, explique-t-il. Un jour, il fait une rencontre décisive, celle de Mahjoubi Aherdane, ministre marocain de la Défense à l’époque. Il n’hésite pas à l’interpeller pour lui demander.de l’inscrire à l’école militaire de Kénitra. Son vœu exaucé, le jeune Mehdi n’est pas pour autant comblé. Élève en dessous de la moyenne, de surcroît indiscipliné, il comprend très vite que le monde militaire n’était pas sien. Entre temps, Mehdi Qotbi a découvert sa vraie vocation : la peinture, qui devient son principal mode d’expression, son alibi. “J’étais enfin devenu quelqu’un, on s’intéressait à ce que je faisais”, confie le peintre. Cependant, à l’âge de treize ans, Mehdi Qotbi décide de déserter le lycée militaire. “J’ai fait le mur comme n’importe quel gamin”, tempère-t-il. S’ensuit une période de bohème où le jeune homme exerce divers métiers : apprenti coiffeur, puis boy chez une famille de nantis rbatis. Une deuxième rencontre déterminante vient bouleverser sa vie. Celle avec le peintre Gharbaoui. Séduit par le talent et le charme du jeune artiste, le grand maître le convainc de partir en France pour y parfaire son art. En 1968, à l’âge de 17 ans, Mehdi Qotbi émigre en France. Quatre années et beaucoup d’efforts plus tard, Mehdi décroche son diplôme de l’école des Beaux-arts de Toulouse.qotbi_ecriture.jpg Son art éclate alors aux yeux du monde qui découvre, séduit, ses toiles typées et tellement imprégnées de ses racines marocaines. Il utilise alors sa peinture comme sésame pour accéder à la cour des grands. Il évolue avec l’aisance d’un poisson dans les milieux selects de la capitale française. Lui, le garnement de Takaddoum, se met à fréquenter des hommes aussi importants que Léopold Sedar Senghor, Michel Butor, Maurice Druon ou Jacques Derrida. Le nouveau venu charme autant qu’il intrigue. Le tout Paris se demande qui est cet homme grand comme trois pommes et vif comme un feu follet qui se permet de se présenter à l’Elysée à vélo. L’intéressé n’en a cure, il fonce tête baissée, multiplie les rencontres, étoffe son carnet d’adresses, avant de changer de casquette. C’est l’époque où l’artiste se découvre des dons de lobbyiste, qu’il décide de déployer en faveur de son pays d’origine. Nous sommes en 1991, Gilles Perrault vient de commettre son célèbre pamphlet “Notre ami le roi”, Mehdi Qotbi décide de fonder le Cercle d’amitié franco-marocaine. On découvre alors la communication à la sauce Qotbi : Un mélange de spontanéité, de culot et d’acharnement. Et les résultats suivent. De colloques en rencontres, en campagnes de presse et de voyages de personnalités politiques françaises, le Cercle réussit là où la diplomatie trébuche. Au fil des ans et des réalisations, Mehdi Qotbi devient un élément clé dans les relations franco-marocaines. Son travail est apprécié au plus haut niveau. Décoré, remercié et encouragé par les deux rois, feu Hassan II et Sa Majesté Mohammed VI, le gamin de Takaddoum exulte. Fier de ses origines et fidèle à ses engagements, au moment où certains anciens proches du sérail n’ont pas hésité à retourner leurs vestes, Mehdi Qotbi estime aujourd’hui que sa plus grande récompense, c’est la reconnaissance.

qotbi-decore-chirac.jpgLa reconnaissance, le peintre marocain continue de la savourer. Il a reçu prix de l’Académie des Beaux-Arts, quai Conti, pour son magnifique ouvrage «Écrits et Esprits», édité aux éditions du Chêne. Les décorations, il les collectionne d’ailleurs. Officier de la Légion d’honneur, du Mérite, Palmes académiques, Commandeur des Arts et des Lettres en France, Ordre du Trône au Maroc…

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“Au nom de la République française, nous vous faisons Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres”, a déclaré le ministre français de la Culture, Frédéric Mitterrand, à l’adresse du plasticien marocain en le décorant de ces insignes, lors d’une cérémonie marquée par la présence de plusieurs personnalités du monde des arts et de la culture. “Vous rendre hommage, c’est aussi rendre hommage au dialogue et à l’amitié franco-marocaine à laquelle vous avez consacré votre énergie et votre générosité”, a ajouté le ministre devant un Mehdi Qotbi très ému.

qotbitoile-2.jpg  Mehdi QOTBI, de son vrai prénom Mohamed,  est un grand peintre, un très grand peintre connu et  reconnu dans le monde entier.Ses tableaux ,qu’il qualifie,lui-même  d « écritures peintes », recèlent beaucoup de talent, d’inspiration et de sincérité. Peintre non figuratif, adorant la précision, Mehdi Qotbi représente des signes, des traits et des symboles, habillés de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel… «Je suis croyant mais je me considère comme quelqu’un de tolérant, d’ouvert, qui respecte la croyance des autres», souligne-t-il. ses œuvres se retrouvent dans de nombreux musées et collections à travers le monde dont le British Museum, le centre Pompidou, le musée d’art moderne de la ville de Paris.

«Vous êtes le calligraphe des mondes, le créateur d’avant la Création, le seul peintre à donner une forme et des couleurs à la parole», lui a écrit Jean d’Ormesson. Vendant ses toiles autour de 100.000 dirhams la ” pièce “, pourrait-on dire, Mehdi QOTBI est un homme comblé, qui s’en est retourné au pays après 37 ans d’exil, de longues galères et de succès mérités.

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” Les variations de Mehdi Qotbi s’engendrent, les unes après les autres, en fugues colorées, ondes vibrantes d’une lettre, signe et image. Chatoiement d’une écriture se déployant dans un espace qui n’est plus celui de la tablette ou d’un chapiteau…La lettre répétée, jouée comme une note se répercute indéfiniment dans le renouvellement du graphisme et de la couleur…De la succession des suites naît un rythme ” Qotbien ” où le spectateur captif rejoint l’artiste dans sa quête obstinée d’un espace immatériel “, se prononce Nicole de Pontcharra qui témoigne du grand talent et de le sensibilité de Mehdi Qotbi.

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.Dominique Devilpin, lui, s’interroge” Est-ce couleur ou langue ce ruissellement de signes, le délié des arabesques et la pluie régulière des traits? Tout est mystère, silence dissimulé dans les liens de l’écriture. Enluminures, ferronneries, stucs ou gravures, rien n’épuise le sens de cette griffe ravageuse, qui s’accroche au fil de la toile, parcourt l’espace, danse, et continue de glisser plus avant, et plus profond dans le secret de la couleur”.
Dior, la signature de la réussite

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Mehdi QOTBI est aujourd’hui un artiste comblé, vendant ses toiles autour de 100.000 dirhams la « pièce , pourrait-on dire. La bourgeoisie marocaine et les grandes institutions financières (d’Attijariwafa à Bank Al Maghrib) s’arrachent ses toiles de “peinture désécrite”. Même le quai d’Orsay distribue huit de ses tableaux sur différentes ambassades à travers le monde

Medhi Qotbi a tout obtenu. L’enfant solitaire a su se transformer en père aimant, attentif au bonheur de ses deux filles, Fanny et Marine. «Mais ma toute première victoire, c’était de pouvoir vivre et manger à ma faim». Ce qu’il a pu faire grâce à sa peinture. Sa dernière fierté? Avoir signé avec la maison Dior, pour une ligne d’accessoires, lui qui avait déjà développé une ligne de jeans à son nom. Il porte d’ailleurs un foulard autour du cou et montre fièrement sa griffe dans l’un des coins du carré de soie. La signature de la réussite.

livre-qotbi.jpg Mohamed (alias Mehdi) QOTBI, l’artiste plasticien s’est aussi  mêlé d’écriture – je ne peux utiliser le mot « littérature ».
Il a publié en juin 2008, un livre intitulé « PALETTE D’UNE VIE », paru aux Editions LE FENNEC, qui devrait être « l’histoire d’un homme qui se savait né pour vaincre et qui sait relever les défis que la vie lui lance ».

” A travers ce livre, je voulais d’abord me faire du bien et me libérer en parlant de mon passé sans aucune gêne, mais avec beaucoup de pudeur…C’est un livre d’espoir où tout est lié : palette et écriture. L’écriture n’a fait que compléter la peinture. Ce livre est pour moi un moment de partage de ma vie avec les autres. Il m’a donné la possibilité d’être en paix avec moi-même» dit Mehdi.
Mais n’est pas autobiographe qui veut, même si la vie racontée est pleine d’émotion, de difficultés, de succès, de rencontres.Cette « Palette d’une vie » n’est en fait qu’une palette de déclarations déjà connues de Mehdi QOTBI, d’interviews, d’articles plus ou moins de complaisance.
Dommage ! La relation d’une  vie aussi riche que celle de  Mehdi QOTBI méritait plus de talent !
Mais on retiendra,malgré tout,  de cette tentative d’autobiographie ces quelques mots  de la page 79. Il s’agit d’un aveu artistique, très sincère, qui explique toute  l’œuvre du peintre. Mehdi QOTBI nous confie, parlant d’une de ses œuvres,  que « cette toile, décisive, a ouvert un chemin dont je ne me suis jamais détourné depuis plus de trente ans ».

Ce livre a été conçu avec la collaboration d’une journaliste belge .


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