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Maroc:Mort d’un émigres

Posted by Allal SAHBI on décembre 27th, 2011

ET CETTE FOIS LA MORT AU BOUT DU RÊVE.

Trop de nos compatriotes résidant à l’étranger sont victimes d’escroquerie de toute nature. Que de rêves brisés. Que de dégâts. le discours des officiels en charge des MRE ( Marocains Résidant à l’Étranger) tranche avec la réalité.Seuls les transferts d’argent les préoccupent. Le comportement de certaines administrations à leur égard, leur représentation au parlement et leur droit de vote bafoué lors des dernières élections témoignent du mépris des pouvoirs publics pour cette population C’est inacceptable. Il faut un réveil de tous. Un changement radical de la politique envers les émigres Marocains.Ne les considérer que comme des vaches à lait est à terme suicidaire. La génération nouvelle ne restera pas sans réaction. Elle coupera surement les liens avec ce pays s’il persiste à les traiter comme de citoyens de seconde zone.En effet, plus les générations passent, plus le sentiment d’appartenance au pays se perd.
Faut-il rappeler que les transferts en devises des Marocains résidant à l’étranger ne cessent de baisser, menaçant la situation économique au Maroc d’un véritable empoisonnement. Le déficit financier du Royaume risque de se creuser davantage subissant directement les aléas de la crise internationale.
Les transferts d’argent de nos émigrés représentent quelque 10% du PIB marocain, c’est un chiffre important lorsqu’on sait que le secteur névralgique de l’agriculture représente 15% du PIB.

voici une triste et tragique histoire rapportée par le journal AU FAIT

Victime d’une escroquerie immobilière à Fès Le choc fatal d’un MRE

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 Le terrain objet d’escroquerie

Venu prendre possession de son terrain de près de 500 m2 acquis à Fès il y a 35 ans, un Marocain résidant à l’étranger (MRE) du nom de Benaïssa Friekh a eu le choc de sa vie lorsqu’il a constaté qu’un individu véreux y avait bâti un immeuble. Le jour même, il succombe à un œdème pulmonaire aigu, alors que son état de santé n’avait jamais soulevé auparavant la moindre inquiétude. Retour sur une histoire d’escroquerie qui, hélas, n’est pas un cas unique.

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 Le défunt Benaïssa Friekh tenant un bureau de vote au quartier Mailloles de Perpignan lors du référendum constitutionnel du 1er juillet 2011.

Benaïssa Friekh avait deux rêves. Un: prendre dans quatre mois - après 42 années de “bons et loyaux services” en France à Perpignan- , une retraite tranquille. Deux: finir ses jours au milieu des siens au Maroc, sa terre natale.

Malheureusement, la malhonnêteté de certains individus l’aura poussé précipitamment à accomplir ce second rêve, sans pouvoir réaliser le premier.

En effet, arrivé à Fès le 11 décembre courant pour y entamer les démarches de construction d’un terrain de 488 m2 qu’il avait acquis avec son épouse en 1976 pour leurs vieux jours, il eut le “choc de sa vie” en constatant qu’une tierce personne y avait édifié un immeuble de deux étages (quatorze appartements et six magasins) au stade de finition.

Cette visite a eu lieu le 13 décembre 2011 en matinée. Le jour même à 22 heures, “détruit” par le fait d’avoir vu son proche rêve de retraite paisible s’envoler, il meurt d’un œdème pulmonaire aigu, alors que son état de santé n’avait jamais soulevé la moindre inquiétude.

Dès lors, une fois l’enterrement passé, toute la famille s’est mobilisée pour retrouver le vendeur du terrain. Celui-ci les a accompagnés trois jours plus tard à l’endroit où se situe ledit terrain. Devant une multitude de personnes présentes ce jour-là, le vendeur a confirmé le droit exclusif de propriété du couple, en s’adressant ainsi à l’entrepreneur du chantier:

“Le terrain sur lequel vous construisez ne vous appartient pas. Je ne vous connais pas. J’ai vendu cette parcelle à M. Benaïssa Friekh et Fatima comme les documents le prouvent. Ceci est du vol. Je vous conseille de stopper tout de suite les travaux, de vous réunir avec les vrais propriétaires et sortir vos justificatifs d’achat.”

L’administration fait la sourde oreille

Un des enfants du défunt a d’abord tenté de joindre à plusieurs reprises - en vain - ledit entrepreneur, ceci même après avoir constaté que ce dernier avait retiré volontairement du chantier une pancarte mentionnant un numéro de permis de construire (Autorisation 1468/2010, Décision 295/11 – 351/11 d’après l’arrondissement de Ben Souda).

Par la suite, il a tenté de recueillir auprès de cet arrondissement le maximum d’éléments sur le dossier administratif du pétitionnaire (identité complète, justificatifs de propriété, etc.). Malheureusement, il s’est retrouvé confronté à un refus catégorique de la part du chef de service du plan.

Sans désarmer, il a essayé de contacter le président de l’arrondissement, qui a eu l’amabilité de demander au chef du service du plan de leur prêter assistance. Une fois encore, ce dernier, étrangement “perturbé” par cette insistance légitime, a indiqué qu’il n’avait rien à lui communiquer, et qu’il fallait s’adresser à la justice.

 

Viscéralement attaché à son Maroc natal

 

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 Benaïssa Friekh (chemise bleue) entouré des membres de l’association catalane des diabétiques, lors d’une journée de sensibilisation.

Durant plus de quarante années, M. Friekh a inlassablement porté haut les couleurs du Maroc en France, notamment à travers les deux associations “L’Amicale des Travailleurs Marocains des Pyrénées-Orientales” et “L’Union Marocaine”, dont il était respectivement secrétaire général et vice-président.

Avec pour sonnerie de téléphone portable l’hymne national de notre pays, il a toujours milité pour l’amitié franco-marocaine, organisant les fêtes nationales, tenant le bureau de vote au quartier Mailloles de Perpignan lors du référendum constitutionnel, ou encore prêtant main forte à tous nos concitoyens pour la résolution de démarches et problèmes administratifs (constitution de dossiers de pension, renouvellement de visas, rapatriements de corps, etc.). Bref, Benaïssa Friekh portait le flambeau du Maroc.

Sa disparition, qui plus est dans ces conditions aussi tristes qu’inacceptables, a ému toute la communauté marocaine locale. Une journée de recueillement sera organisée en sa mémoire à la mosquée du quartier Mailloles de Perpignan le 13 janvier 2012.

Pour l’heure, la famille Friekh demande simplement à ce que justice soit rendue, afin que leur père “parti trop vite”, puisse recouvrer ses droits, et retrouver sa dignité.

Par ailleurs, cette histoire aura mis en exergue - une fois de plus -  la vulnérabilité de nos concitoyens résidant à l’étranger, une communauté qui joue pourtant un rôle clé dans le développement économique du Maroc.

Sara Hanafi


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