ARANJUEZ: Mon amour
Posted by Allal SAHBI on décembre 28th, 2011
Joaquin Rodrigo
lE CONCERTO DE ARANJUEZ
” l’adgio” est l’une des création musicales
les plus éloquente du XX éme siècle
Concerto de Aranjuez John Williams
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2e mouvement : Adagio
Avec le Concerto d’Aranjuez, la Musique du XXe siècle s’est enrichie d’un nouveau joyau.
” Quand l’océan s’endort dans les frémissements de voiles argentés, la nuit devient liquide. La lune flotte et éclabousse de grêles argentées la profondeur du ciel. Derrière les persiennes filtrent des lueurs d’ambre, chargées de ces émois qui illuminent l’ombre. La chaleur s’alanguit, tremble, dans des senteurs fortes et sucrées de jasmins, d’orangers et de poussière. Pareils aux mille bruissements des insectes nocturnes, castagnettes et tambourins ensorcellent, invitent à la danse sacrée.
Au loin, les accords cuivrés d’une guitare cisèlent d’éclats limpides la torpeur de l’été : L’Espagne soudain s’éveille ! “ Jean-Christian MICHEL
Créé à la fin des années de guerre civile espagnole et à la naissance de la seconde guerre mondiale, le Concerto d’Aranjuez est sans aucun doute l’œuvre la plus connue de Joaquín RODRIGO, l’un des plus grands compositeurs espagnols de musique classique de la période d’après guerre.
Le Concerto d’Aranjuez tient son nom de la fameuse résidence royale située à 50 km de Madrid.
De nombreux canaux entrelacés font de ce lieu un îlot de verdure au milieu des paysages arides de la sierra. Avec ses espaces foisonnants de verdure, plantés d’essences rares, Aranjuez est « imprégné du parfum des magnolias, du chant des oiseaux et du jaillissement des fontaines », impressions - et non descriptions - que l’on retrouve tout au long du concerto, œuvre de musique pure, sans programme aucun.
En la situant en ce lieu, Aranjuez, Rodrigo a voulu lui imprimer une époque : la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, à la Cour de Charles IV et de Ferdinand VII. C’est donc une Espagne intérieure, éternelle, heureuse, fantasmée, pas celle du général Franco (mais on la reconnaîtra peut-être dans l’adaptation de Miles Davis à la trompette du Concerto d’Aranjuez, d’une tristesse infinie…). Cette « vision intérieure » est bien celle de Joaquín Rodrigo, frappé de cécité depuis l’âge de trois ans.
Avec ses cours d’eau sinueux, ses riches terre arboricoles, le site culturel d’Aranjuez montre à quel point la famille royale a pu s’investir, durant des générations, pour préserver et enrichir ce paysage exceptionnel.
ARANJUEZ - LA VILLE SITE CULTUREL CLASSÉ AU PATRIMOINE DE L’UNESCO
Le Concerto d’Aranjuez fait référence, donc à Aranjuez, ravissante petite ville résidentielle d’Espagne située entre Madrid et Tolède.
La plaine fertile d’Aranjuez, entre le Tage et le Jarama, a été peuplée depuis des temps très anciens. Le tracé actuel remonte au règne de Philippe II (XVIe siècle), qui accorda à cette ville le titre de « Sitio Real ». Philippe V (XVIIe -XVIIIe s.) et Charles III (XVIIIe s.) y établirent leur cour. De cette époque, nous remarquerons le mariage harmonieux entre l’architecture de palais, les bois et les jardins, dans le plus pur style de l’Illustration (courant idéologique du Siècle des lumières). Nous devons à la pensée rationaliste de cette époque le tracé réticulaire des rues de sa vieille ville.
Les jardins d’ Aranjuez

Les jardins sont un élément très important d’Aranjuez. Face à la façade est du palais, se déploie le jardin du Parterre, de style anglais, où on admirera les sculptures décorant ses fontaines. De là, s’étendent d’autres jardins. Comme celui de la Isla, qui est appelé de la sorte parce qu’il est situé entre le Tage et la Ría. Le jardin du Príncipe, de style gothique françisé, est plus boisé. Le cours du fleuve, les fontaines et les places accompagnent ici la Casa del Labrador. Il s’agit d’un autre hôtel particulier du style des pavillons de Versailles, où ont lieu d’intéressantes expositions de peintures.

le reste de la ville est du même acabit, comme en témoigne la disposition de ses rues, dans le plus pur style baroque. Les demeures uniformes, les rues bordées d’arbres et les avenues spacieuses sont quelques-unes des caractéristiques d’Aranjuez.
Les maisons sont limitées aujourd’hui à 2 étages. Aranjuez abrite quelques 50.000 âmes. La cité est située à la jonction de deux fleuves, le Tage et le Jarama, dont l’un se pare d’un ravissant petit port.
La vieille ville d’Aranjuez, avec ses palais royaux et ses espaces foisonnants plantés de nombreuses essences rares, est classée site historique au patrimoine de l’UNESCO depuis 2001.
Joaquin Rodrigo
Joaquín RODRIGO est né en 1901 à Sagunto (Valencia). Aveugle dès l’enfance, Joaquín RODRIGO reconnaissait volontiers que ce handicap l’avait poussé vers la musique. Il entreprend ses premières études musicales en Espagne, commence à écrire ses premières œuvres en Braille…

Elle a su me faire croire en mon œuvre, au lendemain, au monde, au prochain et en Dieu. Je pourrais répéter sans cesse que mon inspiration, mon élan, ma foi, mon soutien et mon immense amour sont incarnés par mon épouse Victoria.”
JOAQUIN RODRIGO À LA SCHOLA CANTORUM
En 1933 il épouse la pianiste turque Victoria KAMHI qui restera sa fidèle compagne jusqu’à sa mort.Ils vivent alors à Paris, Rodrigo suit les cours de la Schola Cantorum durant cinq ans, sous la conduite de Paul DUKAS. RODRIGO rencontre MILHAUD, RAVEL, de FALLA, HONNEGER. C’est à cette époque qu’il compose le “Concierto de Aranjuez”, une commande du marquis de BOLARQUE, grand amateur de musique, rencontré fin août 1938 à San Sebastián, lors d’un déjeuner où se trouvait également le guitariste Regino Sáinz de la Maza : « Pourquoi n’écris-tu pas un concerto pour guitare et orchestre? Regino te le jouerait plus d’une fois! » «C’est chose faite » déclara Joaquín, euphorique.
Prix, récompenses, bourses et soutien (amis et famille) alternent ici avec les difficultés de la vie, d’une époque et d’un art, qui, s’il est basé sur un indéniable talent doit sa survie à la patience, l’acharnement et la conviction de ses serviteurs. Atteint de cécité dès son plus jeune âge, Joaquin Rodrigo fut un symbole non seulement pour les musiciens espagnols mais aussi pour le monde des malvoyants auquel il accorda une bienveillante attention par sa sollicitude, sa disponibilité et son engagement.
Pour RODRIGO, écrire un concerto pour guitare classique, chose qui n’avait pas encore été faite jusque-là, était un enjeu passionnant.
Bien que pianiste, Rodrigo avait totalement compris et assimilé l’esprit de la guitare espagnole, il écrira cinq concertos pour guitare, celui-ci étant le premier et le plus célèbre.
La première eut lieu à Barcelone le 9 novembre 1940, avec Regino Sáinz de la Maza et l’Orchestre philharmonique de Barcelone sous la direction de Cesar Mendoza Lasalle. Le succès fut immédiat – Rodrigo fut porté en triomphe – et n’a jamais été démenti depuis. “l’adagio du Concerto d’Aranjuez est l’une des créations musicales les plus éloquentes du XXe siècle …” écrit Victoria KAMHI .
Il est bien évident que ce concerto ouvrit bien des portes à son auteur et contribua grandement à conforter au fil des ans une renommée musicale souvent récompensée, mais vécue avec humilité.
Figure emblématique d’une Espagne blessée par la guerre, Joaquin Rodrigo fut un double messager : accordant un intérêt tout particulier à ses compatriotes et amis guitaristes Regino Sainz de la Maza et Andres Segovia (sans oublier la dynastie des Romeros, Lagoya, Yepes et autres représentants de la nouvelle génération), il mit au goût du jour un instrument qui demeurait confiné au genre soliste, guère prisé par l’orchestre classique, et poursuivit le travail de ses prédécesseurs Manuel de Falla, Isaac Albeniz et Enrique Granados. En explorant le folklore espagnol, il renforça le lien entre les derniers romantiques de son pays et les nouvelles orientations de stylistique musicale dont il fut le témoin privilégié à Paris grâce à ses relations avec l’école française. C’est avec ce double héritage musical qu’il construisit une œuvre des plus éclectiques, représentée par quasiment tous les instruments du monde classique dont il connaissait bien des musiciens. Flûte, piano, harpe, violon, violoncelle et bien évidemment guitare(s) gagnèrent ainsi chacun un concerto, une sonate ou une autre pièce instrumentale d’appellation espagnole, tandis que l’art vocal s’enrichissait d’une pléthore de mélodies, révélées par Victoria de los Angeles, Monserrat Caballé ou Pilar Lorengar !
L’orchestration du concerto d’Aranjuez est absolument unique : une guitare classique en face d’un orchestre philharmonique. Ce qui aurait pu paraître une gageure a été réalisé de main de maître : Dans le concerto d’Aranjuez, la guitare n’est jamais ni couverte ni étouffée, bien au contraire, elle éclate dans toute sa splendeur, s’exprimant avec véhémence ou sensibilité…
Le Concerto d’Aranjuez plonge ses racines dans la musique baroque, et on reconnaît probablement quelques réminiscences ou l’influence de SCARLATTI ou du Padre SOLER. Cependant RODRIGO a su apporter à l’œuvre la marque de sa sublime personnalité et l’indéniable esprit de la modernité classique symphonique.
Au cours de la composition de l’œuvre, RODRIGO eut à résoudre le problème du volume sonore de la guitare, utilisée comme instrument soliste, face à la puissance de l’orchestre symphonique. Le compositeur choisit d’alterner avec goût, la guitare soutenue par des cordes discrètes, et les puissantes rentrées d’orchestre.
Concerto de Aranjuez
MOUVEMENTS ET TONALITÉS
Le Concerto d’Aranjuez se divise en trois mouvements : un Allegro con spirito, soutenu par un rythme vigoureux ; un Adagio, où la guitare dialogue avec les autres instruments ; et un Allegro gentile final, suivi d’une courte coda.
L’enchaînement des 3 mouvements du Concerto d’Aranjuez dure près de 20 minutes.
1er mouvement : Allegro con Spirito - De forme sonate classique, le 1er mouvement est un Fandango enlevé, de rythme 6/8 en Ré majeur.
2e mouvement : Adagio - Le 2e mouvement en Si mineur est de loin le plus connu du concerto, et on peut même dire, de toute l’œuvre de RODRIGO. C’est un adagio très émouvant, qui développe un mordant lentement exécuté. La mélodie, jouée au cor anglais, et soutenue par guitare et cordes, est une réminiscence de la Saeta, chant plaintif de la procession annuelle de la Semaine Sainte en Andalousie. D’où le côté sacré de cet adagio.
C’est l’adagio du Concerto d’Aranjuez, qui présente le plus d’originalité et a permis à ce concerto d’être connu du monde entier. Le deuxième mouvement du Concerto d’Aranjuez (adagio), en effet, est une pure merveille. Cette mélodie superbe imprégnée de l’atmosphère chaude et colorée de l’Espagne aboutit, par un jeu de développements et de dialogues remarquablement construits à un paroxysme final d’une rare beauté.
3e mouvement : Allegro gentile - l’Allegro gentile est un Rondo en Si majeur écrit dans un style de danse de cour, qui termine l’œuvre sur des rythmes changeants, mélangeant des rythmes en 2/4 et 3/4. L’Allegro gentile final est suivi d’une courte coda de notes arpégées à la guitare, soutenues par des cordes.
Les contraintes de l’interprétation:
La guitare, avec une audace sans précédent, s’oppose à tout un orchestre symphonique composé d’un piccolo, d’une flûte, d’un hautbois, d’un cor anglais, de deux clarinettes, deux bassons, deux cors, deux trompettes et le quatuor. La guitare est soliste mais l’orchestre doit rester transparent, scintillant, sans écraser, étouffer ni recouvrir la guitare.
“Quoi qu’en puissent penser certains critiques fanatiques d’élucubrations dodécaphoniques…, écrit JEAN-CHRISTIAN MICHEL, le Concerto d’Aranjuez demeure une des œuvres maîtresses de la seconde moitié du vingtième siècle, et certainement l’un des sommets de la musique classique contemporaine.
RODRIGO a écrit une œuvre à dimension humaine, profondément émouvante et puissante : le compositeur a su marier le génie de la guitare espagnole avec les ouvertures de la musique symphonique moderne”
Il faut souligner le caractère biographique de ce Concerto. Le premier mouvement très joyeux est une évocation des jours heureux que Rodrigo a passés à Aranjuez avec sa fidèle compagne mais aussi collaboratrice de tous les instants, la pianiste turque Victoria Kamhi lors de leur lune de miel.
Le deuxième mouvement, le célèbre Adagio, est en fait une supplication adressée à Dieu : qu’Il ne lui prenne pas la vie de sa femme Victoria, qui venait d’accoucher d’une petite fille de sept mois mort-née.
Les trois mouvements sont d’une grande sensibilité, exprimant tout « l’espagnolisme rodriguien », si particulier, un espagnolisme qui ne tombe jamais dans « l’espagnolade » ni dans la trivialité.
ADAGIO: Dialogue avec Dieu.
L’oeuvre a été composée à une époque où Rodrigo et sa femme traversaient le pire moments de leur vie. Victoria, enceinte de son premier enfant, tombe gravement malade. Hospitalisée d’urgence les médecins, très pessimistes, pronostiquent une mort certaine . Après cette terrible nouvelle, le Maestro rentre chez lui. et compose le début du second mouvement. Victoria va survivre mais perd l’enfant.
Le deuxième mouvement est un dialogue musical entre Dieu et le compositeur. Un dialogue qui commence avec une prière suppliant Dieu de ne pas prendre la vie de sa femme et leur enfant à naître. C’est un début très beau, capable d’atteindre n’importe qui, par sa douceur.
Soudain, une guitare vient avec sa propre voix,pleurant, s’adressant à Dieu et cherchant sa miséricorde … mais quand il reçoit la réponse de Divine (l’orchestre) lui annonçant que seule sa femme sera sauvée , mais l’enfant, lui, mourra ; avec tristesse et résignation, la guitare souligne la condition cruelle que Dieu lui inflige. Et c’est l’ ascension de l’âme de l’enfant à naître, exprimée dans un solo de guitare qui symbolise la supplication adressée à Dieu pour qu’Il laisse, au moins, la vie la vie à sa femme Victoria. la dernière minute, représente les retrouvailles du maître avec sa femme, la joie qui peut s’insérer dans la tristesse de perdre un enfant …
Écoutez l’Adagio en sachant cette histoire, vous fait aller plus loin et apprécier la grandeur de la musique classique qui peut transmettre des émotions, même sans connaissance préalable de l’histoire que le compositeur veut raconter.
Le troisième mouvement (Allegro gentile) signifierait la prospérité et la maturité de sa vie future.
Joaquín Rodrigo et sa femme Victoria sont resté silencieux pendant de nombreuses années sur la création du second mouvement, ce qui permit la naissance d’une rumeur selon laquelle il serait inspiré du bombardement de Guernica en 1937. Mais finalement, dans son autobiographie, Victoria révéla qu’il s’agissait d’une évocation des jours heureux de leur lune de miel, ainsi que d’une réaction de Joaquín à la déception de sa première grossesse infructueuse.
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Les stars de la guitare
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Comme on peut le concevoir, la discographie est pléthorique: des spécialistes ont recensé près de soixante-dix versions.Place d’abord aux guitaristes qui ont associé leurs noms à ce best-seller planétaire.
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Narciso Yepes
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Narciso Yepes a enregistré notre concerto pas moins de six fois : un record! Pour ses deux premières versions, il fut dirigé par Ataúlfo Argenta avec l’Orchestre de chambre de Madrid et l’Orchestre national d’Espagne en 1956 et 1957 pour le label Alhambra. Son enregistrement avec l’Orchestre symphonique de la Radio-télévision espagnole, dirigé par Odón Alonso (DG, 1969), possède un charme et une chaleur très particuliers.
Vinrent ensuite l’Orchestre philharmonique de Londres sous la direction de Luis Antonio García Navarro (DG, 1979), l’Orchestre philharmonique d’Espagne et Frühbeck de Burgos (Forlane, 1985), enfin l’Orchestre symphonique de la RAI, sous la baguette de Riccardo Muti (Fonit Cetra, 1989).
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john williams
John Williams s’y est repris à quatre fois : avec l’Orchestre de chambre anglais, dir. Charles Groves, (CBS, 1968), puis avec un gros Orchestre de Philadelphie, musclé, aux ordres d’Eugene Ormandy, une version sensuelle mais quelque peu hachée (Sony, 1972), puis de nouveau avec l’Orchestre de chambre anglais et Daniel Barenboim, où la prise de son dessert une interprétation trop uniforme (CBS, 1974), enfin avec l’Orchestre philharmonique de Londres dirigé par Louis Frémeaux, version linéaire et bridée (Sony, 1984). Ici le concerto en entier: 20 mn de bonheur.
JULIAN BREAM
On trouvera également quatre versions de Julian Bream : avec l’Orchestre de chambre Melos et Colin Davis (RCA, 1964), mais surtout avec l’Orchestre Monteverdi et John Eliot Gardiner (RCA, 1975), avec trois mouvements magnifiquement gérés, une véritable fête orchestrale, poétique et fiévreuse - un beau candidat à l’écoute en aveugle. Le guitariste reviendra avec l’Orchestre de chambre d’Europe, et le même chef anglais, où la guitare est magnifique mais où l’orchestre, trop gros, manque de couleurs et de subtilités (RCA, 1983), puis avec le jeune Simon Rattle alors à la tête d’un City of Birmingham Symphony Orchestra « hénaurme » - , la prise de son n’arrange rien (les basses!) -, totalement hors sujet (EMI, 1990).
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1er mouvement
Sharon Isbin a enregistré l’œuvre trois fois, d’abord avec l’Orchestre symphonique métropolitain de Tokyo, dirigé par Hideomi Kuroiwa (Denon, 1981), avec l’Orchestre de chambre de Lausanne, sous la direction de Lawrence Foster, avec un orchestre inégal et des baisses de tension (Virgin, ), et avec le New York Philharmonic et José Serebrier, version majeure (Warner, 2004).
Pepe Romero, Neville Marriner et l’Academy of St. Martin-in-the-Fields ont abordé le concerto deux fois au disque (Decca et Philips, 1979 et 1992, réédité en 2005 avec un DVD biographique très intéressant, « Shadows and light », en anglais seulement, sous-titré en espagnol, ou inversement, selon les séquences). ll faut écouter la deuxième version pour son orchestre magnifique, aux couleurs hispanisantes superbes, d’une grande sensibilité lyrique.
VISIONNEZ LE DOCUMENTAIRE QUI SUIT : LE MAITRE AU PIANO RÉPÉTANT AVEC PEPE ROMERO.
JOAQUIM RODRIGO PEPE ROMERO
Sur ce magnifique enregistrement de Pepe Romero, on voit le grand compositeur Joaquim RODRIGO peu de temps avant sa mort en compagnie de sa femme.
Alexandre Lagoya, Antonio de Almeida et l’Orchestre national de l’Opéra de Monte-Carlo ont quant à eux livré une version sereine, techniquement irréprochable . (Philips, 1972,).

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Les stars de la baguette
Plusieurs chefs célèbres ont voulu graver le Concerto d’Aranjuez afin d’avoir ce tube discographique à leur catalogue
Rafael Frühbeck de Burgos, avec l’Orchestre national d’Espagne, a ainsi choisi Alirio Diaz comme guitariste : beaucoup d’intensité, mais qui sombre dans la criardise, de plus les solistes - le cor anglais! - sont médiocres (EMI, 1968).
Charles Dutoit, avec Carlos Bonell et l’Orchestre symphonique de Montréal (Decca, 1981) impose une vigueur très sèche. Dommage que l’orchestre montre ses gros bras dans un post-romantisme de mauvais aloi : version idéale pour hôtel de luxe à Marbella, beau de son mais sans âme. On retrouve d’ailleurs Bonell avec l’Orchestre de chambre anglais, sous la direction de Steuart Bedford, avec un orchestre désordonné - et la prise de son est cotonneuse (Collins, 1989).
Autre enregistrement pénalisé par sa prise de son, celui où Andrew Litton dirige le Royal Philharmonic Orchestra. La guitare de Christopher Parkening semble énorme. Dommage, les musiciens sont très engagés, presque violents (EMI, 1992).
À l’inverse, Erich Kunzel et le Naples Philharmonic Orchestra écrasent la guitare de David Russell, qui est de toute façon sirupeuse (Telarc, 1997).
Plácido Domingo et le Philharmonia ne nous engluent pas dans le même sirop, mais l’orchestre est tout de même trop gros, lent, et les instruments solistes (le cor, ridicule!) n’ont pas la même hauteur de vue que le soliste, Manuel Barrueco (EMI, 1995).
Deux versions « de chef » retiennent t’attention .celle Avec Marco Socías Casquero, Josep Pons et le Granada City Orchestra offre un dosage guitare-orchestre magnifiquement équilibré - et l’Adagio est une référence (Harmonia Mundi, 2003). Même superbe équilibre entre le soliste et l’orchestre, qui n’est rien moins que le LSO, avec Alfonso Moreno et Enrique Bátiz (EMI/ Brilliant, 1981) .
Placido Domingo
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Eduardo Fernández, Miguel Angel Gomez Martinez et l’Orchestre de chambre anglais proposent une version sans cohérence, sans tension ni mystère (Decca, 1986). Mais l’enregistrement de Fernández avec Adrian Leaper et l’Orchestre d’Ulster est surprenant : apaisé, sans ostentation, doté d’un équilibre guitare-orchestre impeccable. (BBC Music, 2002).
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Les transcriptions et arrangements
Le “Concierto de Aranjuez” s’est prêté à de nombreuses transcriptions pour des instruments autres que la guitare, et pour de styles musicaux autres que la musique classique :
C’est ainsi que l’adagio de ce concerto a été repris par les harpistes Gwyneth WENTINK et Marielle NORDMAN. L’adaptation La plus cèlèbre étant peut-être celle du jazzman de légende, Miles Davis, avec un arrangement de Gil Evans. Sur l’album Sketches of Spain (1960), Davis raconte que « That melody is so strong that the softer you play it, the stronger it gets, and the stronger you play it, the weaker it gets » (« Cette mélodie est si forte que plus elle est jouée douce, plus elle est forte, et plus elle est jouée forte, plus est devient faible »). La version du violoniste Ikuko Kawai, « Aranjuez », est une adaptation plus rapide que l’originale. La transcription par le clarinettiste Jean-Christian Michel s’est vendue à 1 500 000 exemplaires. Le guitariste Buckethead évoque « Sketches of Spain » dans son album Electric Tears qui est un hommage à Miles Davis. Le bassiste Buster Williams a fait une transcription pour basse bass du second mouvement dans son album Griot Liberté (2006).
En 1991, le guitariste espagnol de flamenco, Paco de Lucía, a donné sa propre interprétation en privilégiant le rythme plutôt que le ton de la guitare classique. Joaquín Rodrigo en fut ravi, déclarant que personne n’avait joué sa composition d’une manière si brillante.
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Une version de Miles Davis, Sketches, a été donnée par Jim Hall sur son album de 1975, Concerto (où figure aussi Chet Baker, Paul Desmond, Ron Carter, Steve Gadd, et Roland Hanna). Le concerto est la pièce maîtresse de cet album, et est considéré comme le sommet de la carrière de Jim Hall.
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The Modern Jazz Quartet a fait plusieurs enregistrements du concerto, dont un avec Laurindo Almeida. Jim Roberts d’Orlando FL l’a enregistré deux fois, une première fois avec son trio, et une seconde fois avec son Saxtet.
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Une version intitulée « Rodrigo’s Guitar Concerto de Aranjuez (Theme from 2nd movement) » a été donnée par The Shadows en 1979.
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L’Adagio se trouve aussi sur le single, « Rodrigo’s Guitar Concerto » par Geoff Love, (sous le nom de Manuel & the Music of the Mountains) en 1976. Il a atteint la troisième place au British singles chart.
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Chick Corea
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Le pianiste de jazz Chick Corea a repris le début du second mouvement en introduction de son hit, Chick Corea se servit du même début pour son arrangement chanté de Spain.
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André Rieu a interprété le concerto accompagné des cloches de Maastricht. Cette version se trouve sur le DVD Songs From My Heart.
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Le chanteur grec, né en Égypte, Demis Roussos, a utilisé le deuxième mouvement pour sa chanson « Follow Me »
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La grande chanteuse libanaise Fayruz a repris le deuxième mouvement dans sa célèbre chanson sur la capitale libanaise, « Li Bairut ».
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En 1967, le chanteur français Richard Anthony a sorti sa version nommée « Aranjuez Mon Amour », avec des paroles de Guy Bontempelli.
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Aranjuez, mon amour les paroles :
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Mon amour, sur l’eau des fontaines, mon amour
Ou le vent les amènent, mon amour
Le soir tombé, qu’on voit flotté
Des pétales de roses
Mon amour et des murs se gercent mon amour
Au soleil au vent à l’averse et aux années qui vont passant
Depuis le matin de mai qu’ils sont venus
Et quand chantant, soudain ils ont écrit sur les murs du bout de leur fusil
De bien étranges choses
Mon amour, le rosier suit les traces, mon amour
Sur le mur et enlace, mon amour
Leurs noms gravés et chaque été
D’un beau rouge sont les roses
Mon amour, sèche les fontaines, mon amour
Au soleil au vent de la plaine et aux années qui vont passant
Depuis le matin de mai qu’il sont venus
La fleur au cœur, les pieds nus, le pas lent
Et les yeux éclairés d’un étrange sourire
Et sur ce mur lorsque le soir descend
On croirait voir des taches de sang
Ce ne sont que des roses !
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Et pour le paisir
La diva du fado Amália Rodrigues
Sur les images du film «Amélie», qui retrece sa vie. La Meilleure Interpretation vocale UN RÉGAL
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Andrea Bocelli
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Pour la curiosité
Digimon . Magna Angemons Theme
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Une version en Turque:
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Et pour finir.
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JEAN FRANCOIS MAURICE
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A lire également, Une biographie écrite par l’épouse du Maître:
«Si le démarrage ressemble à un conte des mille et une nuits, très vite, il fait place au récit réaliste de la vie de deux êtres unis sous le signe de la musique.
Il se peut que la fin ait un air de roman à l’eau de rose, à cause de son dénouement heureux. C’est pourtant la vérité.
Et si, j’ai réussi à refléter fidèlement, dans ce livre, l’histoire de notre vie hasardeuse, j’en serai ravie.»
Victoria Kamhi.
… «De la mano de Joaquín Rodrigo» Madrid 1986.
” Je n’ai pas cessé d’écrire toutes mes impressions quasi quotidiennes, sans imaginer que, beaucoup plus tard, on pourrait publier l’histoire hasardeuse de notre vie.” Victoria Kamhi, p127.
C’est cet apostolat qui justifie le cheminement autobiographique de l’épouse et collaboratrice au long cours du compositeur . Fidèle complice de l’œuvre de son mari, elle l’accompagne avec dévouement vers la gloire et le succès d’un parcours pourtant semé de nombreuses embûches. Victoria Kahmi saisit à la manière d’un journal intime les pérégrinations quotidiennes d’un jeune musicien espagnol alors en cours avec Paul Dukas à Paris (1927-1932, école normale de musique) qui deviendra avec une évidence toute déconcertante son futur mari. Passion, amour et acharnement rythment un récit entrecoupé d’anecdotes et de rencontres les plus diverses, dont la grande partie concerne les célébrités hispaniques qui accompagnent l’existence de Joaquin Rodrigo et de son épouse tout au long d’une aventure musicale.
Cette biographie retrace pas à pas les rencontres d’un couple uni par la musique, dont la destinée grandit dans la simplicité et la spontanéité de caractères complémentaires. Très fin de siècle ou conte des mille et une nuits, le récit suit la chronologie d’une vie et d’une époque, parfois à la façon un peu monocorde d’un catalogue d’événements qui, pourtant,nous touchent par leur intensité et leur valeur.
Victoria Kamhi n’est pas un écrivain et l’on ne devra pas rechercher ici un talent d’écriture ; toutefois, le ton parfois suranné de ce document ne manque pas de sincérité, ni cette humble reconnaissance envers le destin, dont le 9 novembre 1940 (date de création du Concerto d’Aranjuez par Regino Sainz de la Maza à Barcelone) marque une date charnière où le possible élan du jeune compositeur devint par magie réalité artistique, et par la même occasion reconnaissance intemporelle. Le témoignage de Victoria Kamhi, traduit en français par Cristina Delume prend la forme d’un hommage dont Rodrigo a écrit le dernier mot : “(…) Elle a su me faire croire en mon œuvre, au lendemain, au monde, au prochain et en Dieu. Je pourrais répéter sans cesse que mon inspiration, mon élan, ma foi, mon soutien et mon immense amour sont incarnés par mon épouse Victoria.”
Allal SAHBI 28/12/2011
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